Massacre au clavier

31 07 2012

Cette anedocte se passe lorsque j’ai fait mon BTS Informatique de Gestion, option Administrateur de Réseaux Locaux d’Entreprises. A l’époque, nous étions une trentaine d’élèves séparés en deux groupes : les « à d’main » et les « pisseurs de lignes de code » (=admins réseaux et développeurs, m’en voulez pas, c’est une phrase culte de mon prof de BTS préféré). J’étais dans le groupe où il y avait le moins de filles (nous étions 4 pour 12 mecs), mais avec un magnifique spécimen homme/geek.

Toutes les matières étaient communes sauf les spécialités et les fumeuses PTI (Pratiques des Techniques Informatiques) à préparer. En théorie ces pratiques étaient censées se dérouler en temps réel en entreprise. En pratique (comme toujours avec l’Education Nationale), vu qu’on avait que quatre heures par semaine, on les faisait au lycée (j’me vois bien dire : bon ba, salut, si vous tombez en panne, faut attendre la s’maine prochaine, mouhahaha).

En gros, on devait imaginer cinq scénarios au total à présenter en fin d’année, par la pratique. Ex : créer un relais DHCP, configurer un serveur de messagerie, etc. Sachant qu’il fallait éviter la banalité ou plutôt, la jouer finement en prenant quatre scénarios bateaux et un chiadé, qu’on connaissait par coeur (pisque l’astuce, et comme on était trop des warriors par rapport à ces bêtasses de profs, consistait à leur faire prendre ladite pratique, moi c’était la configuration d’un serveur RADIUS sous Linux).

On avait des heures pour faire ça donc. Soit sur les pcs fournis par le lycée pour ceux qui n’avaient pas de portable, soit sur nos propres portables (le mien est décédé à la fin de ma licence, alors qu’il n’avait que deux ans). Quatres longues heures, parfois, à se triturer le cerveau sur la présentation du cahier des charges, les schémas, ce qu’on allait automatiser ou pas, sur le nommage des machines virtuelles et l’organisation de celles ci dans notre espace de travail. Bref, à faire ce qu’ils appelaient des « scénarios ». Ou à discuter avec le voisin. Ou à aller squatter sur le net. Ou sur msn. Ou à dormir. Ou à regarder des mangas. Bref, à développer notre culture générale et à partager des connaissances.

J’avais eu la malchance d’être placée à côté d’un garçon que l’on pouvait ranger dans différentes classes, je vous laisserai choisir/compléter en fonction de vos envies à la lecture de ce billet. Je l’appellerai G., grand fan de Günther, adepte de Pedobear, qui appelle son portable « sa femme » et son Eepc, « sa fille ».

Le spécimen donc. Lui en train de bosser sur la mise en place d’un serveur d’authentification NFS, moi sur la rédaction de mes fumeuses PTI. Le prof arrive et lui demande de lui présenter un peu le travail qu’il a déjà effectué, histoire de voir si d’une part, son scénario pouvait tenir la route et d’autre part, s’il avait bien avancé dans sa réalisation. G. commence donc sa présentation, tandis que moi, pas franchement motivée pour deux sous, je jetai de temps en temps un oeil à sa production.

Et là, c’est le drame.

Peu fier de sa prestation, G., se retrouve soudain à insulter copieusement son pc, avec un mélange de « putainbordeldemerdefaischier », de coups de poings tapés sur la table (la table doit s’en souvenir encore d’ailleurs, la pauvre), de piétinement au sol et surtout, le fin du fin, un truc dont on se dit que personne n’oserait faire, c’est la fusion presque ratée entre son de crâne et son clavier.

Oui oui. Il s’est littéralement explosé la tête contre son clavier (ou bien explosé son clavier contre sa tête, comme vous voulez). Fusion manquée car d’une part, le portable est resté en vie par on ne sait quel miracle et que d’autre part, les touches ont réussi à rester sur place, malgré qu’elles aient laissé un souvenir de quelques secondes sur le front de leur tortionnaire. J’ai eu l’impression à ce moment là d’avoir à côté de moi un mix de Hulk/barbare/berserk, le pivoine remplaçant le vert. Même s’il était aussi épais qu’une latte.

Echange de regards entre moi et le prof, avec temps d’arrêt, tandis que G. essayait toujours de faire rentrer les lettres de son clavier dans sa peau.

Regard de G. à mon portable, regard de mon portable à G. Déplacement de ma chaise de quelques centimètres pour ma part (instinct de survie, je n’aurais pas aimé l’énerver à ce moment), par précaution, faisant migrer par la même occasion mon pc d’une bonne quinzaine de centimètres. Les éruptions de colères de G. étant imprévisibles, je préférais mettre en lieu sûr ce qui m’avait coûté le salaire durement gagné l’été précédent.

Courageuse, mais pas téméraire, la fille.


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